lundi, 18 septembre 2006

Côte d'Ivoire : communiqué de presse du CDC

CENTRE HUMANISTE DES CULTURES de Côte d'Ivoire

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 21 SEPTEMBRE 2006 A L’OCCASION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA PAIX

En septembre 2001, l’Assemblée Générale de l’ONU a décrété le 21 
septembre «Journée internationale de la paix ». Dans la résolution, des précisions importantes sont apportées : «L’Assemblée générale […]
1. Décide qu’à compter de la cinquante-septième session de l’Assemblée Générale, la Journée Internationale de la Paix sera observée chaque année le 21 septembre, jour dont il faudra faire savoir à tous qu’il sera celui de la célébration et de l’observation de la paix; 2. Déclare que dorénavant, la Journée Internationale de la Paix sera
observée comme une journée mondiale de cessez-le-feu et de non-violence, pendant la durée de laquelle toutes les nations et tous les peuples seront invités à cesser les hostilités;
3. Engage tous les États Membres, les organismes des Nations Unies, les organisations régionales et non gouvernementales et les particuliers à célébrer comme il convient la Journée Internationale de la Paix, y compris au moyen d’activités d’éducation et de sensibilisation, et à œuvrer, de concert avec l’Organisation des Nations Unies, à l’établissement d’un cessez-le-feu mondial».

Le Centre Humaniste des Cultures d’Abidjan (cellule locale du Mouvement Humaniste International), à l’instar des humanistes de plus de 87 pays, célèbre cette journée avec une attention particulière. Si le monde entier est menacé par une guerre nucléaire, de nombreux pays, dont la Côte d’Ivoire, sont en proie à des guerres fratricides qui endeuillent les familles et réduit les populations à la pauvreté sinon à la misère, dans des souffrances effroyables. Alors que la Côte d’Ivoire est engagée depuis quatre ans dans un processus de paix qui n’en finit pas, alors que les Ivoiriens sont exténués et tentent de survivre dans un contexte économique de plus en plus délabré, notre pays vient d’être frappé par une autre violence plus hypocrite et plus meurtrière à long terme : les déchets toxiques. Nos dirigeants, à travers leur arrogance et leur désinvolture, témoignent d’un profond mépris pour la paix et pour le bien-être des populations.

En cette journée dont le thème humaniste est : « Paix entre les peuples – Désarmement nucléaire immédiat et total » le Centre humaniste des Cultures de Côte d’Ivoire :

- condamne toutes les violences sous toutes leurs formes, quels qu’en soient les auteurs

- incite tous les Ivoiriens à pratiquer la paix, tous les jours, dans tous leurs actes (souvenez-vous : la paix n’est pas un mot, c’est un comportement).

En ce jour dédié à la paix, les humanistes de Côte d’Ivoire, tous les humanistes du monde entier et tous les hommes de bonne volonté, réaffirment haut et fort : - Nous refusons de vivre dans un monde transformé en poudrière - Nous refusons la violence comme mode de gestion des conflits - Nous revendiquons de tous les hommes, des Occidentaux et de nos partenaires français en particulier, le respect et les égards dus à tout être humain

- En particulier, nous exigeons que l’Etat Français traite nos frères Ivoiriens, Maliens et autres Africains établis sur le territoire Français, comme des hommes dignes et non comme des sous-hommes ;  il est intolérable que nos frères soient brutalement expulsés de leurs logements avec toutes leurs familles et jetés à la rue comme des chiens galeux, simplement parce qu’ils sont noirs (Cachan) - Nous exprimons ici, en ce jour de paix, notre profonde solidarité et notre compassion sincère pour les peuples agressés, en particulier les peuples du Liban, d’Irak et d’Afghanistan.

Nous rappelons que les entreprises Françaises installées en Côte d’Ivoire jouissent de nombreux privilèges et amassent des profits considérables au détriment des populations locales.

Par ailleurs, dans le contexte de catastrophe humanitaire qui touche tous les citoyens, de tous bords politiques, de toutes religions, de toutes ethnies, le Centre Humaniste des Cultures de Côte d’Ivoire, au nom de tous les Ivoiriens : - Refuse que des irresponsables avides d’argent rendent notre air irrespirable et nos terres invivables, pour nous et pour nos générations futures - Refuse que ces gens sèment la mort pour des milliers d'êtres humains innocents, comme s’ils tuaient des insectes - Refuse qu’on nous traite, nous les citoyens, comme des ignorants quand on veut nous faire croire que des déchets toxiques liquides déversés depuis plus d’un mois vont être enlevés -  Exige que les coupables soient nommément désignés à la suite d’une enquête transparente et approfondie et qu’ils soient condamnés à dédommager les victimes, à court, moyen et long terme. -  Exige des télévisions occidentales et en particulier i Télé, qu’ils traitent l’information nous concernant avec plus d’objectivité en laissant toutes les parties s’exprimer librement et directement

Nous faisons ici référence à une émission télé au cours de laquelle un économiste français, professeur d’université, a exprimé avec le plus grand cynisme le point de vue des capitalistes qui ont empoisonné l’air des Abidjanais : « c’est un problème de moindre coût ; en déversant les déchets dans le port d’un pays développé, cela aurait coûté beaucoup plus cher aux propriétaires de la société (des Français) – en déversant les déchets dans un pays du tiers-monde, non seulement ils paient beaucoup moins cher, mais ils intoxiquent des gens qui, de toute façon, ont une espérance de vie très courte – alors, cinq ans de vie ou de moins, dans ces pays, qu’est-ce que ça change ? » Ainsi qu’à une autre émission au cours de laquelle des ignorants ont débité des contre-vérités et des insultes à l’encontre des immigrants surtout Africains noirs, en présence d’autres intervenants qui n’avaient guère le temps d’exprimer leur révolte et surtout, sans qu’aucun Africain n’ait été invité.

Le Centre Humaniste des Cultures de Côte d’Ivoire souhaitent à tous les Ivoiriens et à tous ceux qui sont installés sur notre sol, une Journée Internationale de la Paix faite de paix partagée et de solidarité.